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Médiation scientifique

Magalie Quet - 12/11/2019

Mathématiques et informatique, deux sciences qui se conjuguent au féminin

© Inria

Décider, à 17 ans, de vivre deux jours de stage intensif en math et info pendant les vacances scolaires, ça vous parait étonnant ? Pourtant chez Inria, vingt lycéennes réunies et motivées pour résoudre des problèmes, c’est normal ! Parce que c’est bien connu, « les mathématiques et l’informatique, c’est fantastique ! ».

Elles s’appellent Iana, Mona, Clovène, ou encore Tiphaine. Elles sont vingt. Vingt lycéennes venues des établissements voisins mais aussi de plus loin. Créteil, Tours, Evian… l’une d’elles arrive même de Londres où elle est scolarisée à la Saint Paul’s Girls’ School . Via leur établissement, leur professeur, leurs parents, toutes ont entendu parler d’un stage de 2 jours consacré aux mathématiques et à l’informatique organisé au sein d’un centre de recherche en sciences du numérique : les Rendez-vous des jeunes mathématiciennes et informaticiennes (RJMI) pilotés par les associations Animath et Femmes et Maths .

Un programme dense pour 2 jours intenses !

Pendant 2 jours, elles ont été accueillies et accompagnées par les chercheurs et chercheuses du centre de recherche Inria Saclay – Île-de-France. Un solide programme leur avait été concocté par le référent médiation scientifique du centre, Alain Couvreur : approfondir l’enseignement scolaire par la résolution de problèmes complexes, découvrir de nouvelles facettes scientifiques, réfléchir à la place des femmes dans les sciences, ou encore rencontrer des femmes scientifiques pour discuter orientation, carrière, perspectives. 

Approfondir le programme scolaire

Ces 20 lycéennes ont été retenues pour ce stage non seulement parce qu’elles sont douées en mathématiques et en informatique, mais surtout parce qu’elles sont curieuses et passionnées : elles aiment aller au-delà de ce qui leur est demandé ! Alors quand il faut se répartir en groupes pour travailler sur des problèmes de math et d’info, elles le font avec plaisir et se regroupent dans la bonne humeur.

Au total, elles auront passé presque 6 heures à décortiquer les sujets, déchiffrer les questions et peaufiner leurs réponses. Et les « je ne comprends rien… » entendus en début d’atelier ont très vite laissé la place à des « mais si, si on fait comme ça, alors ça marche ! » . Des doctorants et doctorantes étaient à leurs côtés pour pousser leur réflexion et éviter les impasses. En fin de stage, chaque groupe a restitué son travail devant l’ensemble des participantes afin de se frotter aussi à l’exercice ardu de la restitution chronométrée.

Découvrir la science autrement

En parallèle des ateliers de travail, les lycéennes ont pu aborder les sciences d’une façon un peu différente de ce qui est fait au lycée. Trois chercheurs leur ont fait prendre conscience de l’impact des mathématiques et de l’informatique dans notre vie quotidienne avec par exemple la cryptographie, la vérification de programme, ou encore la représentation de données complexes.

Une démonstration qui a été l’occasion pour la directrice de recherche Ioana Manolescu, de l'équipe Cedar, d’encourager ces passionnées : "Si vous faites de l'informatique, vous pouvez tout faire parce que cette discipline s’applique partout aujourd’hui.

D’ailleurs, quand j’avais 18 ans, j’hésitais entre l’informatique et le journalisme. J’ai choisi l’informatique mais aujourd’hui finalement mes 2 passions se rejoignent grâce à mes recherches sur le fake news !

Réfléchir sur la place des femmes

Au fil des 2 jours du stage et des rencontres, la place des femmes dans les sciences et dans les études scientifiques a finalement toujours été sous-jacente dans les discussions. Grâce à l’intervention de l’association Animath , les lycéennes ont pu s’interroger en profondeur sur les stéréotypes qui influencent leur quotidien .

« L’objectif de l’association n’est pas de faire en sorte que toutes les jeunes filles s’orientent vers les filières scientifiques mais que celles qui en ont envie osent franchir le cap. L’autocensure est bien souvent la première des barrières pour l’accès des adolescentes aux études scientifiques ! leur a rappelé Elsa Masson, de l’association Animath . Et les stéréotypes, qui ont la vie dure, ne font qu’alimenter cette autocensure. »

Un spot vidéo mal tourné, une campagne de recrutement malhabile, des objets du quotidien "genrés", les exemples sont (trop) nombreux pour illustrer le sexisme ordinaire dont les femmes sont la cible. Les jeunes filles d’aujourd’hui doivent être sensibilisées à ce qui peut les influencer directement et indirectement.

Rencontrer des personnalités inspirantes

On entend souvent que les jeunes générations manquent de modèles scientifiques féminins. Et à bien y réfléchir, il n’est pas si évident de citer des grands noms de mathématiciennes ou d’informaticiennes quand on n’évolue pas dans ce milieu. En deux jours, nos vingt lycéennes ont rencontré des chercheuses et enseignantes-chercheuses, des doctorantes…  La preuve par l’exemple que les sciences ne sont pas faites que par les hommes.

En toute simplicité, les rencontres ont donné lieu à des échanges et des conseils constructifs. Parmi les personnalités, Marie-Claude Gaudel, professeure émérite à l’université de Paris-Sud leur a transmis toute sa sagesse :

Il est essentiel de faire ce que vous aimez et il n’y a aucune raison qui puisse vous empêcher de faire ce que vous souhaitez.

Sylvie Boldo, directrice de recherche et déléguée scientifique adjointe du centre, leur a quant à elle confié son déclic : « Lorsqu’on m’a proposé ce poste à responsabilités, je me suis sentie quelque peu dépassée par la proposition. J’ai beaucoup hésité. Finalement, une collègue m’a fait réfléchir en me disant : " si tu étais un homme, accepterais-tu ce poste ?". Cette question toute simple a été un déclic, mon hésitation a disparu et j’ai foncé ! » 

Entourées de scientifiques passionnés, ces vingt lycéennes, ainsi plongées pendant deux jours dans les sciences du numérique, sont reparties enthousiasmées et encore plus curieuses pour les mathématiques et les sciences en général. Défi réussi à succès… rendez-vous pour la prochaine édition des RJMI !

Pourquoi les RJMI chez Inria

Si l’institut a toujours mis un point d’honneur à sensibiliser le grand public et les scolaires aux sciences du numérique , la médiation scientifique fait aujourd’hui pleinement partie de la stratégie de l’institut afin de renforcer le dialogue entre science et société . Initier ce dialogue par un contact direct auprès de lycéens, en dehors du contexte scolaire, permet d’encourager de véritables vocations pour les carrières scientifiques.

Au centre de recherche Inria Saclay – Île-de-France, lorsque l’association Animath a proposé d’organiser un RJMI pendant deux jours, il est apparu comme une évidence que cela devait avoir lieu : accueillir des lycéennes en immersion pour les initier aux sciences du numérique, c’est aussi donner un sens aux recherches menées au sein du centre et éclairer leurs orientations scolaires.

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